Ces dernières années, certaines keynotes de septembre étaient devenues assez prévisibles. Celle du 9 septembre était différente. Pas uniquement parce qu’Apple a enfin présenté son premier iPhone pliable.
John Ternus n’est CEO que depuis le 1er septembre. Huit jours plus tard, pour sa première keynote à la tête d’Apple, le programme était tout sauf anecdotique : premier iPhone pliable, nouvelle génération d’iPhone Pro, AirPods 5, Apple Watch Series 12 et Ultra 4, mais aussi une évolution assez nette de la stratégie d’Apple autour de la santé et de l’intelligence artificielle.
Il y a d’ailleurs un absent assez révélateur : pas d’iPhone 18 « classique » lors de cet événement. Apple concentre pour l’instant sa nouvelle génération autour du haut de gamme, avec les 18 Pro et l’iPhone Duo.
iPhone 18 Pro : cette fois, le « Pro » est surtout dans l’appareil photo

L’iPhone Duo était évidemment impossible à battre en termes d’effet wow. Pourtant, l’iPhone 18 Pro est probablement le produit le plus abouti présenté hier.
Apple conserve les formats 6,3 et 6,9 pouces et ne bouleverse pas fondamentalement la silhouette de l’appareil. Le gros du travail se trouve à l’intérieur.
La puce A20 Pro, gravée en 2 nm, dispose d’un CPU 6 cœurs, d’un GPU 7 cœurs et de deux Neural Engine 16 cœurs. Apple annonce 50 % de bande passante mémoire supplémentaire par rapport à l’A19 Pro et jusqu’à 40 % de performances GPU supplémentaires. Le système de refroidissement à chambre à vapeur évolue également, avec une surface annoncée trois fois supérieure à celle du système de l’iPhone 17 Pro.
Mais la vraie nouveauté est dans l’appareil photo : La caméra principale Fusion de 48 MP adopte enfin une ouverture variable physique, avec quatre positions : ƒ/1,48, ƒ/1,8, ƒ/2,8 et ƒ/4. Six lamelles mécaniques permettent de modifier réellement l’ouverture de l’objectif. Apple ajoute parallèlement des commandes Pro permettant d’intervenir directement sur l’ouverture, la vitesse d’obturation ou la balance des blancs, avec même l’apparition d’un histogramme dans l’application Appareil photo.
Apple s’est énormément appuyé sur la photographie dite « computationnelle » ces dernières années. Ici, l’iPhone récupère quelque chose qui appartient traditionnellement au monde de la photographie classique : un véritable contrôle de la prise de vue, avant même que les algorithmes ne viennent travailler l’image.
Apple ajoute aussi Reference Image, capable de conserver une référence signée provenant du capteur afin de vérifier si une photo a été modifiée. Dans un monde où distinguer une photographie d’une image générée ou altérée par IA devient de plus en plus compliqué, ce petit détail pourrait finalement être bien plus important qu’il n’y paraît.
La Dynamic Island rétrécit et peut désormais afficher jusqu’à trois Live Activities simultanément. C’est sympathique, mais ce n’est clairement pas pour elle que l’on changera d’iPhone.
En France, la gamme démarre à 1 479 €, avec 256 Go de stockage, et monte désormais jusqu’à 2 To. Les précommandes ouvriront le 12 septembre pour une disponibilité le 18.
Puis Apple a plié l’iPhone
Après des années de rumeurs, Apple a finalement plié l’iPhone. Et, pour une première génération, la proposition est plutôt ambitieuse : L’iPhone Duo est réel.

Fermé, il propose un écran de 5,4 pouces. Ouvert, il devient un appareil de 7,6 pouces, soit le plus grand écran jamais intégré à un iPhone. Les deux dalles sont ProMotion, Always-On et peuvent atteindre 3 000 nits en extérieur. Apple utilise sur l’écran interne une surface nano-texturée destinée notamment à réduire les reflets et à rendre la pliure moins visible.
Apple n’a pas simplement fabriqué un iPhone qui se plie : iOS 27 adapte son interface à l’écran interne, avec de nouveaux comportements multitâches. L’appareil pourra également fonctionner avec un Apple Pencil USB-C plus tard dans l’année.
Plus surprenant : pas de Face ID. Apple a choisi Touch ID intégré au bouton latéral, probablement beaucoup plus simple à utiliser quel que soit l’état ouvert ou fermé de l’appareil.
À l’intérieur, on retrouve l’A20 Pro, une chambre à vapeur spécifique et deux batteries fonctionnant comme un ensemble unique. Apple annonce jusqu’à 31 heures de lecture vidéo sur l’écran interne et 44 heures sur l’écran externe. L’appareil est par ailleurs exclusivement eSIM dans le monde entier.
La partie photo est plus modeste que sur le 18 Pro : deux capteurs Fusion 48 MP, principal et ultra grand-angle. Mais le format pliable permet quelques usages intéressants : utiliser les caméras arrière pour un selfie tout en cadrant depuis l’écran externe, afficher l’aperçu au sujet photographié ou poser le téléphone à moitié ouvert pour prendre une photo sans trépied.
On peut considérer que l’iPhone Duo est presque autant une démonstration technologique qu’un smartphone destiné au grand public. Mais pour la première fois depuis longtemps, Apple a présenté un iPhone dont il faudra réellement réapprendre certains usages. Et rien que pour cela, le Duo mérite probablement son propre article.
AirPods 5 : Du mieux pour le même tarif

Avec la mise à jour des AirPods, cette version 5 pourrait devenir l’un de produits Apple les plus faciles à conseiller. Apple abandonne notamment la segmentation étrange des AirPods 4 : la réduction active du bruit est désormais présente sur les deux versions.
Toujours sans embouts intra-auriculaires, les AirPods 5 utilisent une nouvelle architecture acoustique multiport et une nouvelle génération d’égalisation adaptative. Apple annonce une réduction du bruit jusqu’à 1,5 fois supérieure à celle des AirPods 4 avec ANC. Ils gagnent également une certification IP57 ainsi que Traduction en direct.
Le modèle à 149 € propose quatre heures d’écoute avec ANC et un boîtier USB-C.
Et puis il existe la version à 169 € : Pour 20 € supplémentaires, elle ajoute la charge sans fil, une heure d’autonomie supplémentaire avec ANC (cinq heures), et surtout le réglage du volume directement sur la tige par balayage.
À seulement 20 € d’écart, je trouve presque difficile de recommander le modèle de base. La version à 169 € me semble être le véritable AirPods 5 à acheter.
Apple Watch Series 12 : le changement important ne se voit pas
Visuellement, la Series 12 ne révolutionne rien. On retrouve des boîtiers de 42 et 46 mm, désormais disponibles en aluminium, titane et de nouveau en céramique, avec deux superbes finitions blanc nacré et bleu nuit. Les modèles aluminium adoptent également Ceramic Shield 2, qu’Apple annonce 60 % plus résistant que le verre Ion-X de la Series 11.

Jusque-là, rien qui justifie une keynote. Mais retournez la montre : La Series 12 inaugure un nouveau Health Sensing System, associé à la puce S11 et à de nouveaux capteurs cardiaques optiques et électriques.
La fréquence cardiaque est maintenant relevée toutes les cinq secondes pendant la journée. Plus intéressant encore, la VFC est mesurée jusqu’à 24 fois plus souvent qu’auparavant. Apple distingue désormais une VFC globale et une « VFC de récupération », cette dernière étant comparée aux valeurs personnelles habituelles de l’utilisateur.
La nouvelle fonction Préparation combine activité récente, charge d’entraînement, signes vitaux et sommeil pour générer un score de 0 à 10 accompagné d’une recommandation : récupérer, se ménager ou au contraire augmenter l’intensité. Particularité intéressante, ce score peut évoluer durant la journée en fonction des nouvelles données collectées.
Si cela vous rappelle Garmin, Whoop… ou des applications comme Bevel, ce n’est évidemment pas un hasard. Bevel construit déjà son score de récupération à partir du sommeil, de la VFC, de la fréquence cardiaque au repos, de la température, de la respiration et de la SpO₂.
Son principal défaut reste pourtant exactement le même : Apple annonce toujours seulement 24 heures d’autonomie en usage normal. La recharge progresse, quinze minutes permettent désormais de récupérer jusqu’à douze heures, et l’autonomie en exercice extérieur atteint dix heures, mais la batterie reste le talon d’Achille de la Series face aux montres sportives.
À partir de 449 €, elle sera disponible le 18 septembre.
Ultra 4 : voilà où les nouvelles données de santé deviennent vraiment intéressantes
Prenez tout ce que je viens d’écrire sur la Series 12, ajoutez un boîtier titane de 49 mm, un GPS double fréquence, les communications par satellite et surtout une batterie beaucoup plus imposante : vous obtenez l’Apple Watch Ultra 4.

Elle adopte donc elle aussi le Health Sensing System, la puce S11, les relevés cardiaques toutes les cinq secondes, la VFC jusqu’à 24 fois plus fréquente et le nouveau score Préparation.
Mais les chiffres intéressants sont ailleurs : 50 heures d’utilisation normale, jusqu’à 84 heures en économie d’énergie, et dix-huit heures récupérées en quinze minutes de charge.
Pour le trail et l’ultra, Apple introduit surtout deux modes spécifiques : Le mode Exercice prolongé atteint 25 heures avec GPS et fréquence cardiaque complets. Le mode Exercice ultraprolongé pousse l’autonomie jusqu’à 45 heures tout en conservant un relevé GPS chaque seconde.
Et c’est là qu’il faut aller lire les petites lignes (ce que nous ferons évidemment dans l’article dédié). Dans ce mode maximal, Apple désactive notamment les alertes et les splits, et certaines métriques ne sont plus disponibles. Les 45 heures sont donc réelles dans les conditions de test annoncées par Apple, mais avec quelques compromis.
C’est précisément le genre de détail que la slide « 45 heures » de la keynote ne raconte pas. Mais la Ultra 4 devient néanmoins nettement plus cohérente pour le public qu’Apple vise depuis le lancement de l’Ultra : ceux qui courent longtemps, partent loin ou veulent simplement oublier leur chargeur pendant plus de deux jours.
Et, pour moi, c’est probablement avec la Series 12 le produit techniquement le plus intéressant de la soirée. Le Duo crée une nouvelle forme d’iPhone ; les nouvelles Watch vont changer la manière dont l’écosystème Apple exploite nos données physiologiques.
Le détail qui relie finalement toute cette keynote
Le Duo aura probablement monopolisé les gros titres au lendemain de la keynote. Pourtant, en prenant un peu de recul, ce n’est peut-être pas lui qui raconte le mieux l’évolution actuelle d’Apple.
L’A20 Pro et la S11 ne sont pas seulement présentées comme des puces plus rapides. Une bonne partie de leur intérêt est désormais tournée vers le traitement local de modèles d’IA et vers l’exploitation de données personnelles : contexte utilisateur sur l’iPhone, données physiologiques sur l’Apple Watch.
L’application Santé va elle-même évoluer avec de nouvelles sections Insights et Longevity, ainsi qu’un Health Age destiné à comparer certaines métriques avec l’âge réel de l’utilisateur. Apple précise toutefois que cette nouvelle version arrivera plus tard dans l’année et commencera en anglais américain. Autrement dit : une partie de ce qui a été montré hier ne sera pas immédiatement disponible chez nous.
Même prudence avec Siri AI. iOS 27 sera disponible le 14 septembre et Apple annonce le français parmi les langues prévues, mais précise parallèlement que Siri AI ne sera pas disponible initialement dans l’Union européenne sur iOS. Il faudra donc bien distinguer lors des prochains articles ce qu’Apple annonce globalement de ce que nous pourrons réellement utiliser en France.
Pour conclure
L’iPhone Duo était le produit que tout le monde attendait et Apple l’a finalement livré. L’iPhone 18 Pro donne enfin aux photographes davantage de contrôle matériel. Mais ce sont peut-être les nouvelles Apple Watch qui auront l’impact le plus durable.
À l’écoute de ces annonces, une question m’est tout de suite venue en tête : Que reste-t-il à Bevel lorsque l’Apple Watch fournit elle-même VFC de récupération, signes vitaux diurnes et score de préparation ? Ma première impression : probablement beaucoup plus qu’on pourrait le penser. Ce sera justement l’un des articles que je veux consacrer aux annonces de cette keynote.
D’ailleurs, ces articles dédiés, pour chaque appareil, arriveront dans les prochains jours, le temps pour moi de décortiquer chaque annonce, chaque fonctionnalité et surtout, leur disponibilité en Europe.