
Durant cette WWDC 26, Apple a consacré une session à la présentation des nouveautés en matière de gestion des périphériques.
Cette session a abordé un large éventail de sujets, notamment Apple Business, Apple School Manager, la gestion déclarative, la gestion applicative, l’identité avec Platform SSO, ainsi que plusieurs évolutions spécifiques au secteur de l’éducation.
Voici un résumé des principales annonces
Apple Business prend une nouvelle dimension
Apple présente désormais Apple Business comme une plateforme plus complète pour les organisations.
L’objectif est de regrouper plusieurs briques essentielles : le déploiement zero-touch, les Managed Apple Accounts, la gestion intégrée des appareils, mais aussi de nouvelles capacités d’automatisation grâce à des API enrichies.
Ces nouvelles API permettent notamment d’interagir avec les Blueprints, les configurations, les utilisateurs, les groupes, les événements d’audit, l’inventaire, l’assignation des appareils à des serveurs MDM ou encore certaines informations AppleCare.
C’est une évolution importante. Apple Business ne se limite plus à un rôle de portail d’enrôlement ou de distribution applicative. La plateforme devient progressivement un point d’entrée plus central pour les équipes IT, les éditeurs MDM et les intégrateurs.
Autre annonce importante : l’achat en volume d’applications à abonnement.
Jusqu’à présent, l’achat en volume était surtout associé aux apps elles-mêmes. Avec cette évolution, Apple permet aux organisations d’acheter et de gérer des abonnements App Store via Apple Business et Apple School Manager.
Concrètement, les administrateurs peuvent acquérir des abonnements applicatifs en volume, les attribuer aux utilisateurs ou aux appareils, puis les gérer avec des workflows proches de ceux déjà utilisés pour les apps.
Les entreprises et les établissements scolaires bénéficient d’une nouveauté structurante : la gestion centralisée des applications professionnelles fonctionnant sur un modèle d’abonnement via Apple Business ou Apple School Manager. Cette approche simplifie la gestion, améliore le pilotage des licences et réduit la dépendance aux achats individuels, optimisant ainsi l’utilisation des ressources.
Cela renforce également la cohérence entre les équipes IT, les achats et les métiers : les abonnements applicatifs deviennent administrables à l’échelle de l’organisation, dans un cadre plus maîtrisé.
La gestion déclarative devient le standard
Le message clé de cette session est sans doute que le Declarative Device Management (DDM) s’impose comme le standard de la gestion des périphériques Apple.
L’approche déclarative place l’appareil au cœur de sa propre gestion : Le serveur MDM définit l’état souhaité, tandis que l’appareil applique, surveille et remonte son état de manière plus efficace.
Ce modèle réduit la dépendance aux cycles d’interrogation traditionnels entre le serveur MDM et les terminaux, permettant une gestion plus réactive et mieux adaptée aux environnements distribués.
Les organisations doivent comprendre que les solutions MDM exploitant pleinement le modèle déclaratif bénéficieront d’un avantage non négligeable. En revanche, celles qui se concentrent uniquement sur les profils et commandes historiques risquent de passer à côté des fonctionnalités les plus avancées de l’écosystème Apple.
Une migration vers un nouveau Mac mieux maîtrisée
L’idée est simple : permettre à un utilisateur de migrer ses données vers un nouveau Mac tout en conservant l’enrôlement MDM et les réglages de gestion, grâce au Managed migration
L’administrateur peut contrôler ce qui est migré : comptes, fichiers, réglages de sécurité et paramètres de confidentialité. Le processus peut également être suivi grâce aux statuts déclaratifs.
C’est une annonce très concrète pour les entreprises. Le renouvellement de parc Mac est souvent un moment sensible : il faut préserver l’expérience utilisateur, éviter les pertes de données, maintenir la conformité et garantir que le nouvel appareil reste correctement administré.
Des contrôles plus fins pour Apple Intelligence, Siri et le clavier
Apple enrichit également les configurations déclaratives liées à Apple Intelligence, Siri et aux réglages clavier.
Ce point peut sembler secondaire, mais il est important dans un contexte professionnel.
À mesure qu’Apple ajoute de nouvelles fonctionnalités intelligentes ou contextuelles dans ses systèmes, les organisations doivent pouvoir décider précisément ce qui est autorisé, restreint ou encadré.
Pour les environnements sensibles, réglementés ou soumis à des politiques de gouvernance strictes, cette granularité est essentielle.
Une meilleure gestion des identifiants
La session met également en avant les évolutions liées à la gestion des identifiants dans le modèle déclaratif.
Avec le Declarative Device Management, plusieurs configurations peuvent référencer un même identifiant : certificat, identité ou mot de passe. Lorsqu’un identifiant doit être renouvelé, le serveur met à jour le paramètre concerné, puis l’appareil applique automatiquement le changement aux configurations qui l’utilisent.
C’est une avancée importante pour les équipes qui gèrent des certificats, des identités réseau, du Wi-Fi, du VPN ou des accès applicatifs.
Le bénéfice est très concret : moins de duplication, moins de profils complexes, une meilleure gestion du cycle de vie des certificats, et une réduction du risque d’erreur lors des renouvellements.
Plus de visibilité sur l’état réel des appareils
Les nouveaux statuts permettent notamment de remonter le type d’enrôlement, l’état “En attente de la configuration”, Return to Service, iPad partagé, le Push Token ou encore l’activation du verrouillage par l’utilisateur.
Autre nouveauté intéressante : iOS et iPadOS 27 peuvent remonter des informations liées à la santé matérielle du périphérique. Cela peut concerner certains composants comme le Baseband (la partie matérielle + logicielle d’un iPhone ou d’un iPad cellulaire qui gère la connexion au réseau mobile), la caméra, Face ID ou Touch ID.
La gestion des périphériques ne se limite plus à savoir si une configuration est installée ou non. Elle permet progressivement d’obtenir une vision plus précise de l’état réel du terminal, y compris sur certains aspects matériels.
Cela ouvre la voie à une approche plus proactive du support : identifier plus tôt les problèmes, faciliter les diagnostics et accélérer les escalades lorsque cela est nécessaire.
Des logs AppleCare déclenchables par les équipes techniques
Cette fonctionnalité est disponible sur iOS, iPadOS, tvOS et macOS 27. Elle vise à faciliter la communication entre les équipes IT, les utilisateurs et AppleCare lors d’incidents complexes.
Dans les environnements professionnels, la collecte de logs peut s’avérer complexe : utilisateur indisponible, procédure difficile à expliquer, manque d’informations exploitables ou délais d’escalade prolongés. Grâce à cette nouvelle capacité, Apple offre aux administrateurs un outil supplémentaire pour accélérer le diagnostic et améliorer la qualité des remontées vers le support Apple.
Le Content Caching devient plus administrable
macOS 27 introduit également de nouvelles capacités déclaratives autour du Content Caching.
Les administrateurs peuvent configurer le service via le modèle déclaratif, superviser son état, et permettre aux serveurs de cache d’envoyer leurs rapports.
Le Content Caching n’est pas une nouveauté en soi, mais son intégration plus forte dans les mécanismes modernes de gestion est intéressante.
Pour les organisations multisites, les établissements scolaires, les environnements avec une bande passante limitée ou les parcs importants, le cache de contenu est une brique important pour optimiser les téléchargements de mises à jour, d’apps et de contenus Apple.
La gestion applicative continue de progresser sur macOS
La declarative app configuration (déjà disponible sur iOS, iPadOS et visionOS) arrive sur macOS 27.
Elle permet de provisionner des apps managées avec leurs configurations et leurs identifiants, tout en prenant en charge des mécanismes de sécurité avancés comme les clés matérielles et le Managed Device Attestation.
Apple ajoute également une option permettant de supprimer les fichiers et dossiers installés par un package déclaratif lorsque la configuration du package est retirée.
Ce point est très concret pour l’exploitation quotidienne : Cette nouveauté devrait permettre de limiter les résidus applicatifs et de rendre le cycle de vie des apps managées plus propre.
Des notifications de confidentialité plus claires
Apple introduit un nouveau mode de consentement pour les apps et les sites web Safari sur iOS, iPadOS et macOS 27.
Cette notification affiche plus clairement l’organisation qui demande l’accès, l’app ou le site concerné, la justification fournie par l’IT, ainsi que les composants demandés : caméra, micro, localisation, etc.
L’utilisateur garde la possibilité d’accepter ou de refuser, mais l’expérience devient plus lisible.
C’est une bonne illustration de la philosophie Apple : donner davantage de moyens aux administrateurs, tout en maintenant un haut niveau de transparence vis-à-vis de l’utilisateur.
Dans un contexte professionnel, c’est un équilibre important. L’IT peut recommander ou préparer certains réglages, mais l’utilisateur comprend mieux ce qui est demandé, par qui, et pourquoi.
macOS gagne en contrôle d’exécution des binaires
macOS 27 introduit des réglages déclaratifs permettant d’autoriser ou de bloquer l’exécution de binaires.
Cette capacité repose sur l’Endpoint Security framework et permet de stopper les processus associés à un binaire refusé.
Les règles peuvent s’appuyer sur les propriétés de signature de code. Apple prévoit également une option permettant d’autoriser automatiquement les apps managées.
Le contrôle d’exécution applicatif est un sujet central dans de nombreuses organisations. Avec cette évolution, macOS continue de renforcer ses capacités de conformité, de maîtrise du poste de travail et de réduction de la surface d’attaque.
Platform SSO devient une brique centrale de l’identité sur Mac
macOS 27 introduit une nouvelle expérience de connexion et de déverrouillage, dans laquelle l’utilisateur comprend plus clairement qu’il s’authentifie avec les identifiants de son organisation.
Apple ajoute aussi une capacité importante : les administrateurs peuvent exiger Touch ID en complément du mot de passe sur les Mac appartenant à l’organisation. Cette exigence peut s’appliquer à la connexion, au déverrouillage de session et au déverrouillage FileVault.
Autre évolution majeure : l’authentification basée sur le Web pour Platform SSO : Elle permet d’afficher une fenêtre sécurisée dans la mire de connexion et de déverrouillage. Cela ouvre la porte à des scénarios d’authentification plus avancés : MFA, accès conditionnel, QR code, challenge-réponse personnalisé, personnalisation du fournisseur d’identité, etc.
Des nouveautés également pour le monde de l’éducation
Apple annonce notamment l’arrivée d’Authenticated Guest Mode sur Shared iPad. L’iPad démarre dans une session temporaire, l’utilisateur se connecte avec un Managed Apple Account, puis les données locales et le compte managé sont supprimés à la déconnexion.
Ce modèle est particulièrement adapté aux usages partagés, aux salles de classe, aux bibliothèques, aux laboratoires ou aux environnements où plusieurs utilisateurs se succèdent sur un même appareil.
Apple présente également une nouvelle fonction de navigation guidée dans l’app Classroom. Les enseignants peuvent verrouiller les élèves sur certains sites ou onglets, contrôler la navigation et encadrer les accès caméra ou micro selon les besoins pédagogiques.
Ce qu’il faut retenir
- Declarative Device Management devient le standard.
- Apple Business prend une place plus centrale dans l’écosystème IT.
- L’achat en volume des applications à abonnement arrive dans Apple Business et Apple School Manager.
- macOS 27 renforce fortement ses capacités de sécurité, de conformité et de gestion applicative.
- Platform SSO devient une brique clé de l’identité du Mac en entreprise.
- Apple améliore la visibilité sur l’état réel des appareils.
- Apple continue de renforcer l’équilibre entre contrôle et expérience utilisateur.